« Je suis dermatologue et c’est cet ingrédient banal présent dans la plupart des crèmes de jour que je conseille à mes patientes d’arrêter immédiatement » : le témoignage d’une spécialiste

Il est présent dans de nombreuses crèmes de jour, parfois même dans des soins vendus comme “naturels”, “sensoriels” ou “bonne mine”. Il ne sert pourtant pas à hydrater, ni à réparer la peau, ni à …

Il est présent dans de nombreuses crèmes de jour, parfois même dans des soins vendus comme “naturels”, “sensoriels” ou “bonne mine”. Il ne sert pourtant pas à hydrater, ni à réparer la peau, ni à renforcer la barrière cutanée. Son rôle principal est beaucoup plus simple : donner une odeur agréable au produit.

Pour certains dermatologues, c’est justement le problème. L’ingrédient qu’ils conseillent le plus souvent d’éviter, surtout chez les femmes qui ont la peau sensible, sèche, réactive ou sujette aux rougeurs, est le parfum.

Derrière ce mot apparemment banal peuvent se cacher de nombreuses molécules parfumantes, naturelles ou synthétiques. Certaines sont bien tolérées. D’autres peuvent favoriser irritations, picotements, rougeurs ou allergies de contact. La Cleveland Clinic rappelle notamment que les fragrances font partie des allergènes les plus fréquents dans les soins pour la peau et recommande de privilégier les produits “fragrance-free” en cas de réaction cutanée.

Le parfum, un ingrédient inutile pour la peau

Dans une crème de jour, le parfum améliore l’expérience d’utilisation. Il donne une impression de fraîcheur, de propreté ou de luxe. Mais pour la peau, il n’apporte aucun bénéfice essentiel.

« Quand une patiente me dit que sa peau brûle, tiraille ou rougit malgré une routine très chère, je commence souvent par lui demander d’arrêter les soins parfumés », explique une dermatologue. « Ce n’est pas toujours la cause, mais c’est l’un des premiers suspects. »

Le problème est d’autant plus fréquent que beaucoup de personnes ne pensent pas à regarder la liste des ingrédients. Elles se fient aux promesses sur l’emballage : hydratant, éclat, anti-âge, peau sensible, naturel. Pourtant, un soin peut se présenter comme doux tout en contenant du parfum ou des huiles essentielles potentiellement irritantes.

Les signes qui doivent alerter

Le parfum ne provoque pas forcément une réaction immédiate. Certaines peaux le tolèrent pendant des années. D’autres commencent à réagir après une période de fragilisation : froid, soleil, traitements dermatologiques, ménopause, stress, excès d’actifs exfoliants ou barrière cutanée déjà altérée.

Les signes les plus courants sont :

  • des picotements après l’application de la crème ;
  • des rougeurs autour du nez, des joues ou du menton ;
  • une sensation de brûlure ou de peau qui chauffe ;
  • des plaques sèches qui reviennent malgré l’hydratation ;
  • des démangeaisons ;
  • une peau qui devient intolérante à plusieurs produits.

Ces symptômes ne prouvent pas toujours une allergie. Il peut s’agir d’une irritation, d’une rosacée, d’un eczéma ou d’une barrière cutanée affaiblie. Mais dans tous les cas, retirer les produits parfumés est souvent une première mesure simple.

“Naturel” ne veut pas dire sans risque

L’erreur fréquente consiste à penser que seuls les parfums synthétiques posent problème. En réalité, certaines huiles essentielles ou extraits parfumés naturels peuvent aussi irriter la peau. La National Eczema Association conseille d’éviter le parfum lorsque l’on a une peau sensible ou de l’eczéma, et rappelle que les huiles essentielles peuvent également être problématiques.

Parmi les ingrédients à repérer sur les étiquettes, on retrouve souvent :

  • parfum ou fragrance ;
  • aroma ;
  • essential oil ;
  • limonene ;
  • linalool ;
  • citronellol ;
  • geraniol ;
  • eugenol.

Le National Eczema Society cite notamment le limonene et le linalool parmi les fragrances courantes connues comme allergènes de contact.

Faut-il jeter toutes ses crèmes parfumées ?

Non. Une personne qui tolère parfaitement sa crème n’a pas forcément besoin de paniquer. Mais en cas de peau réactive, de rougeurs chroniques, de picotements ou de plaques qui reviennent, le parfum est l’un des premiers ingrédients à supprimer.

Le plus simple est de passer pendant quelques semaines à une routine courte : nettoyant doux, crème hydratante sans parfum, protection solaire adaptée. Si la peau s’améliore, cela peut indiquer que la routine précédente contenait un irritant.

Il faut aussi faire attention à la mention “sans odeur”. Un produit “unscented” peut parfois contenir des agents destinés à masquer l’odeur des autres ingrédients. Pour les peaux sensibles, la mention la plus utile reste “fragrance-free”, c’est-à-dire sans parfum ajouté.

Le parfum rend une crème plus agréable. Mais pour une peau fragile, il peut aussi devenir l’ingrédient de trop. C’est pourquoi de nombreux dermatologues conseillent aujourd’hui de revenir à des soins plus simples, moins sensoriels, mais souvent mieux tolérés.